samourai vert epa_ista.jpg COURS D' AIKIDO

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Faites bouger vos tendinites!

Vous le savez, un tendon est une cordelette fibreuse reliant un muscle à un os en passant par dessus une articulation. Il transmet la force de contraction du muscle, tire sur l’os et mobilise l’articulation. Ces phénomènes de traction sont à l’origine de microlésions. L’exemple du marathonien A l’occasion d’un entraînement habituel, ces dernières sont peu importantes et elles ont le temps de cicatriser entre deux séances. Prenons l’exemple d’un coureur de fond qui augmente son kilométrage hebdomadaire dans le but de devenir marathonien. Si son programme est suffisamment progressif, l’accroissement des mécaniques augmente légèrement la quantité de microruptures mais elles parviennent à se réparer avant la sortie suivante. Mieux encore, en réponse à cette sursollicitation, l’organisme réagit en ajoutant des fibres au tendon. Il se renforce. Voilà qui répond au principe de « décompensation / surcompensation », moteur bien connu de la progression sportive! A l’inverse, si le programme manque de progressivité, les microlésions augmentent alors que le temps de récupération est insuffisant. Au fil des footings, le tendon s’abîme. Il s’affaiblit et devient douloureux! La tendinite est l’équivalent d’un surentrainement du tendon! Ce dernier en a été victime car il n’était pas suffisamment robuste. Si vous optez pour un traitement par le repos, vous aggravez sa désadaptation. A l’issue, le tissu tendineux sera affaibli, il ne pourra même plus tolérer la charge de travail initiale. Vous entrez dans le cercle vicieux du déconditionnement.

L’analogie avec les courbatures est pertinente pour bien comprendre le concept. Les courbatures sont des microlésions musculaires comme les tendinites sont des microlésions tendineuses. Dans ce contexte, vous saisissez bien que le repos constitue une stratégie thérapeutique que l’on peut qualifier d’hypocrite. En quelques jours, vous n’avez plus mal dans les muscles au cours de la vie quotidienne. Mais la solution est provisoire. Le traitement des courbatures n’est pas la sédentarité!

La méthode STANISH C’est un entraînement bien conçu menant à leurs disparitions à l’occasion de la pratique sportive envisagée. Pour étayer encore la poursuite de l’activité, pensez aux techniques de rééducation utilisées. Il s’agit toujours de contraintes qui visent à « mécaniser » le tendon. La première et la plus classique consiste à réaliser des étirements. La seconde est souvent connue des sportifs. Elle porte le nom de méthode de STANISH. Pour rééduquer les tendinites d’Achille, l’exercice classiquement décrit consiste à monter sur la pointe des pieds et à redescendre sur un seul. À l’occasion de ce mouvement le tendon est comme écartelé entre le talon qui descend et le mollet qui se contracte. Bien que votre kinésithérapeute utilise ce geste en fin d’évolution, il est très contraignant et peut provoquer des douleurs. Le Docteur STANISH avait d’ailleurs conclu son article de façon provocatrice par: « no pain, no gain ». Les massages transversaux profonds Une troisième stratégie rééducative est également connue pour faire serrer les dents des sportifs. Il s’agit des MTP pour « massages transversaux profonds ». À cette occasion, votre kinésithérapeute frotte votre tendon perpendiculairement à l’axe des fibres. Ça fait mal mais ça assouplit la cicatrice et favorise la guérison. De façon cohérente on aurait du mal à comprendre qu’il faille stopper tout entraînement sous prétexte qu’il provoque quelques troubles. Sportifs, vous aimez bouger alors continuez même quand vous avez une tendinite. Mais soyons raisonnables, vous lirez dans le dernier paragraphe la bonne méthode pour gérer la douleur. Quoiqu’il en soit interdire le sport et les contraintes mécaniques à un tendon alors que l’essentiel de la rééducation passe par ce principe me rappelle une anecdote lorsque j’étais jeune externe en cardiologie. Une approche déclinable Fréquemment des patients victimes d’une insuffisance cardiaque ou d’une hypertension artérielle majeure se voyaient prescrire un régime sans sel. Il arrivait alors que la prise de sang révèle un manque de sodium. Souvent les internes inexpérimentés réagissaient en leur prescrivant des comprimés de sel … mais il prenait soin de conserver le régime insipide! Tombant sur cette incohérence à l’occasion de sa grande visite hebdomadaire, le chef de service piquait une crise de nerfs qui laissaient le jeune médecin tremblotant. Alors s’il est possible de se soigner en préservant son plaisir quotidien, pourquoi se priver! Bien évidemment ce raisonnement peut se décliner de nombreux tissus de l’organisme. La fracture de fatigue ou la périostite constitue un autre exemple. Alors que vous êtes sédentaire, votre os n’est pas adapté aux microtraumatismes de la course. Si vous accumulez trop de contraintes par absence de progressivité vous risquez de le fissurer. En optant pour un traitement fondé sur le repos complet, vous revenez au point de départ et vous restez fragile. Il est plutôt conseillé de poursuivre les activités au voisinage du seuil douloureux pour préserver les adaptations déjà obtenues et stimuler la consolidation.